Affaire Cahuzac : la confiance dans la parole publique (encore plus) en question

Si l'affaire Cahuzac surgit dans ce blog, c'est parce qu'elle met à mal une nouvelle fois la confiance dans la parole des dirigeants, politiques ou non. Or cette confiance dans les dirigeants et leur parole est une donnée essentielle pour réussir un événement. Regardez bien cette séquence du 6 décembre 2012 à l'Assemblée Nationale. Un homme, reconnu comme parmi les plus brillants de sa génération, commet l'irréparable. Un homme de gauche ment à propos d'une affaire d'argent et c'est toute une pyramide de valeurs qui s'effondre soudainement.

Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre la posture de Jérôme Cahuzac devant l'Assemblée et celle des dirigeants, quelles que soient leurs vertus, devant leurs salariés ou leurs partenaires lors de conventions ou de séminaires. La question que chacun a en tête est la même dans ces deux situations : "Nous disent-ils LEUR vérité ou LA vérité ?". Cette question ne date pas d'hier, certes, mais cela va se renforcer toujours plus après ce qui vient d'arriver, le contexte de crise économique et sociale n'arrangeant rien.

 

Je ne peux donc qu'encourager tous les dirigeants s'apprêtant à prendre la parole dans les jours, semaines et mois qui viennent à méditer leurs futures paroles publiques. A les préparer soigneusement, que ce soit pour un public externe, ou, surtout, interne. Et à oser dire : "Je ne sais pas encore", "Nous n'avons pas la réponse". A s'appuyer sur des faits. A démontrer par du concret et non seulement des mots. Bref d'être authentique et vrai.

 

Pour les inspirer, je les invite à voir ou revoir le superbe film de Frank Capra "Mr Smith au Sénat". Il date de 1939, mais il n'a pas pris une ride ! Ci-dessous, écoutez (en VO) James Stewart, sénateur accusé faussement par un de ses pairs corrompu, défendre les valeurs profondes de la démocratie face à ses collègues usés et désabusés. Juste avant que le Jérôme Cahuzac du film n'avoue publiquement sa faute. Cela vous rappelle quelque chose ?

Personnellement, je refuse de verser dans le pessimisme ou dans la condamnation. Etre dirigeant suppose beaucoup de qualités. En particulier celle d'être au service des autres avant soi-même. Et une majorité de dirigeants, je le sais, partagent cette vision. Il leur reste à convaincre toujours plus dans leurs mots, dans leur décisions, dans leurs comportements, les sceptiques que nous sommes devenus à force d'affaires Cahuzac. L'exemple vient du haut : jamais nos entreprises et notre pays n'en ont tant eu besoin.

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