Evénements : mais pourquoi nos clients n'ont-ils (presque) jamais les moyens de leur ambition ?

La scène est connue. Un soir, le téléphone sonne. "Allo ! Bonjour, j'ai un séminaire de 3 jours dans un mois avec 80 personnes venant du monde entier. C'est un séminaire très important pour notre société, nous en attendons beaucoup. Nous voulons donc lui donner du sens et du contenu. Un échec serait déplorable pour la réussite de nos équipes. Mais par contre nos moyens sont très réduits et il faudra que votre intervention soit limitée au minimum..."

 

En ce moment, plus encore qu'il y a quelques mois, ce refrain se répète à l'envie. Alors, j'ai enquêté. Et je me suis aperçu que quatre facteurs manquaient souvent à l'appel quand une entreprise lançait un projet d'événement :

 

Facteur 1 : les objectifs business liés à l'événement et les objectifs opérationnels de l'événement lui-même ne sont tout simplement pas formulés ! Quelle valeur doit créer l'événement ? Que doit-il modifier dans la trajectoire de l'entreprise ? Bien souvent, pas de réponse... On se réunit parce que... c'est l'habitude, la direction nous l'a demandé, cela fera du bien aux équipes, on a des choses importantes à présenter... A ne pas savoir ce qu'on veut gagner (qualitativement et quantitativement), il n'est pas facile de justifier une dépense visant un bon niveau de professionnalisme.

 

Facteur 2 : quand les objectifs existent, ils ne sont pas valorisés financièrement. L'équation économique de l'événement est vue uniquement sous l'angle "Dépense" et non "Investissement". Certes, le retour sur investissement dans l'immatériel n'est pas simple à définir : mais il n'est pas impossible. Surtout, il peut s'avérer très rentable (il suffit de voir la valorisation d'une simple application comme Whatsapp - 19 miliards de dollars... - pour s'en rendre compte). A condition d'y passer un peu de temps ou de s'entourer des compétences ad hoc.

 

Facteur 3 : si tout va bien et que l'approche par l'investissement est retenue, manque alors la capacité à traduire les objectifs dans le déroulement de l'événement lui-même. Très souvent, la routine prévaut, avec des scénarios ne permettant pas la création de valeur de la part des participants. Tout est verrouillé d'en haut. A faire ce qu'on a toujours fait, on a forcément les résultats qu'on a toujours eus... 

 

Facteur 4 : ô miracle, les facteurs 1, 2 et 3 n'ont pas commis leurs ravages habituels. Un quatrième facteur menace alors... : les résultats opérationnels de l'événement ne sont pas exploités. Ils sont tout simplement enterrés par... les projets qui attendent leur tour.Le quotidien reprend ses droits, comme si de rien n'était ! Conséquence : les belles décisions, les réflexions soigneusement élaborées, les plans d'action bien soupesés deviennent ... lettre morte dès le lendemain ou presque.

 

Dans ces conditions, en effet, pourquoi dépenser autre chose que le strict minimum pour donner du sens et du contenu (surtout quand on connait l'importance prise par les repas et autres coktails dans les études d'évaluation des événements ?).  Ce billet va-t-il changer la face du monde ? Certes non. Est-il caricatural ? Sûrement. Mais parfois il y a des choses qu'il faut dire absolument pour stopper leur répétition. En priant que cela permette (quand même) de faire un tout petit peu évoluer l'existant !

 

Et si vous voulez vous persuader que je ne suis pas le seul à me poser ce type de questions, allez donc voir ce lien autour de la manière d'augmenter la valeur ajoutée des réunions : www.challenges.fr/emploi/20140219.CHA0596/7-conseils-pour-ne-plus-perdre-son-temps-en-reunion.html

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Commentaires: 1
  • #1

    olivier pia (vendredi, 21 février 2014 19:04)

    Bonjour Jean,

    Voilà un billet qui reflète avec fidélité la réalité du terrain que nous autres consultants-animateurs-journalistes vivons au quotidien !

    Oui, il faut le dire et l'écrire, nos clients manquent bien souvent cruellement d'ambition dans l'organisation de leurs événements. Ils considèrent encore trop souvent leurs séminaires, colloques… comme un passage obligé, presque comme une punition qu'il faudrait évacuer le plus vite possible.

    Faire d'un événement un moment de plaisir, un moment de partage et d'écoute, un moment d'émotion et de sens, un moment innovant et prospectif, nécessite du temps, de l'argent… mais surtout de l'envie, de la passion, de l'amour.

    Messieurs les décideurs, oui, donnez-vous les moyens de vos ambitions !